Une psy raconte son burn out et son hospitalisation en 2019

36% des Français sont concernées par le burn out. Paradoxalement, de nombreux professionnels de la relation d’aide souffrent également d’épuisement moral, psychologique et physique. Quels sont les symptômes associés à ces phénomènes inquiétants ? Comment sortir d’un burn out ? Cet article vous raconte mon histoire personnelle, ainsi que mon vécu professionnel, en tant que psy.

Le burn out d’une psy : qui suis je ?

Je suis une working addict, une femme qui aime à aller de l’avant, une personne dynamique, une battante, en recherche d’enrichissement intellectuel , et d’inter-actions en permanence. Je ne supporte pas l’ennui, ni rien faire ni procrastiner. J’ai besoin de me sentir productive, voire hyper productive. Quand je ne reçois pas un patient, un coaché ou une personne que je forme à devenir thérapeute, j’écris des articles et des livres. Je suis thérapeute en thérapies cognitives et comportementales et pourtant j’ai vécu un burn out sévère, cette expérience me permet maintenant de mieux accompagner les personnes en burn out.

Lorsqu’au lieu d’un patient, d’un formé, d’un travail à faire, je reçois la visite de mon burn out : imaginez ma surprise !! C’est comme si de but en blanc mon monde s’était retrouvé upside down. Je vivais absolument tout ce que je n’aime pas : j’étais une larve, je me suis terrée dans mon lit pendant plusieurs mois, c’est mon compagnon qui m’y donnait à manger, et je n’arrivais même pas à me laver tous les jours, j’avais perdue toute inspiration : j’étais devenue incapable d’avoir la moindre métaphore pour les séances d’hypnose, j’étais incapable d’écrire, ni de lire, j’avais des angoisses très fortes.

J’aurais donné tout ce que je possède pour qu’elles s’arrêtent, et je pleurais comme une madeleine quand j’arrivais à pleurer. Tout ce qui ne me représente pas et tout ce que je ne suis pas. Et non content de me retourner la cervelle et le corps (perte de 10 kilos en deux mois, incapacité à remplir un chèque), le burn out s’est installé, un vrai Tanguy: je pensais l’héberger 1 mois au plus tard, et il est resté plus d’un an…

Le burn out est son arrivé très progressive et à pas de loup

Ma vie avant mon burn out

burnout symptôme

Encore hier je représentais un peu le rêve Américain à la Française: une provinciale qui monte à Paris seule, pour finir libérale, auteure, rédactrice de trois sites, thérapeute en diverses spécialités, coach, fondatrice d’un institut de Formation Coachplanet, ou je suis, formatrice pour devenir thérapeute ou coach, thérapeute conjugal ou familial de visu ou à distance via Skype ou Facetime, (avec mon compagnon, lui aussi formateur) et par correspondance + je fais moi même le référencement de mes trois sites internet, sans parler des livres que je ne lis pas : je les dévore !

Je suis surbookée, je ne ne marche pas, je cours, (j’ai souvent des tennis au pied et un sac à dos), et je roule à vélo dans Paris ce qui me permet d’aller plus vite que les voitures et d’échapper aux bouchons. Tant par mes patients et coachés à qui je distille de la bonne humeur et de l’allant, que par mes formés à qui je partage et transmet ma compétence et mon amour du métier, je m’implique à fond dans tout ce que je fais … le burn out n’était pas loin …. Que ce soit au centre de formation, par skype, par téléphone, dans les pays francophones et anglophones : je suis productive et proactive.

J’ai de l’imagination, du répondant, de l’assurance, de la confiance, je suis à même d’improviser, de m’adapter, de partager et fédérer….Ça n’était plus du tout le cas lors de mon burn out, ou j’étais littéralement paumée et terrorisée à l’idée de sortir ne serait ce que de mon lit, qui était devenu mon refuge, bien entendu j’étais incapable de répondre quand mon téléphone sonnait, et incapable de passer un appel ne serait-ce qu’à un ami pour demander de l’aide. J’étais une loque, l’ombre de moi-même, méconnaissable.

Quand mon burn out à frapper à ma porte

J’aurais préféré qu’il tambourine à ma porte pour me dire : “Myriam c’est un avertissement avant burn out, aussi lâcher prise”…”Lâcher prise”, le titre de mon premier livre ! Comme quoi c’est bien toujours les cordonniers les plus mal chaussés, voire sans chaussures ! Comme la vie est cynique parfois fois…Ceci dit, à ma décharge, je n’avais pas choisi ce titre, mais l’hypnose est vous, cependant l’équipe éditoriale de ma maison d’édition m’à répondu que le mot hypnose était trop galvaudé et que lâcher prise était dans l’air du temps.

De toute les façons, je n’avais pas mon mot à dire si je voulais être éditer, c’était mon premier livre, donc j’étais donc contente d’avoir des maisons d’éditions qui voulaient m’éditer.

Le burn out ne s’est pas présentée à moi par un coup de téléphone à 9h du matin du genre: “bonjour, pourrais je parler à madame Roure. – oui c’est moi. Je me présente: Mr burn out, enchanté, je viens pour vous déstabiliser, vous faire perdre votre estime de vous, et vous vampirisez en prenant toute votre énergie.” Non, le burn out s’est distillé longuement, savamment, subtilement, assurément, à patte de velours.

J’en ai senti les premiers prémisses car je n’avais plus d’appétit, et toute ma famille du coté de maternel, sont tous dépressifs, et j’ai fait un test ADN en France avec un psychiatre qui l’à envoyé en Suisse, et il est avéré que j’ai une hérédité dépressive. Car de vous à moi, un burn out, ressemble beaucoup à une dépression, ce sont à peu près les mêmes symptômes : dévalorisation, isolement, perte de tout repaire : le sol n’était plus solide sous mes pieds, mais des sables mouvants.

Donc Mr burn out s’est révélé plus sévère un beau jour…un jour comme les autres : premier patient à 9h, formé de 12h à 16h, écriture d’article à 17h, rédaction de mon deuxième livre, puis séance de thérapie conjugale…un jour comme les autres à la différence que le temps se modifiait littéralement, et me paraissait terriblement long.

Je m’ennuyais, je n’aimais plus mon métier, je me sentais très seule, à écouter et parler seule pendant les séances d’hypnose : et moi qui me nourrissait intellectuellement (comme je le fais avec les personnes que je forme), qui s’occupait de me motiver en coaching ? qui m’écoutait ? Personne, et j’avais besoin d’être nourrie moi aussi. J’étais prostrée et sans réaction…ou étais mon passée mon comportement d’ordinaire très animé ?

La nuit qui a précédée l’entrée dans ma vie du burn out

dépression

Je me suis couchée la veille mais différemment des autres années, c’est à dire sans la certitude et le plaisir de savoir que demain sera un jour productif, intellectuellement enrichissant, joyeux, ou je pourrais partager mon savoir, partager mes ondes positives, ou je serais heureuse de vivre et donnerait envie de vivre. Je me suis endormie inquiète : un truc cloché : je ne supportait plus mon métier alors que je l’adorais.

Morphée…(ou pour le coup Morpheus de Matrix (aurais-je avalée la mauvaise pilule ?…si j’avais su), donc Morphé absent au rv : nuit blanche, incapable de dormir : j’avais perdu l’appétit et le sommeil, autrement dit les deux fonctions vitales étaient touchées, et là c’est grave médicalement parlant : il faut sauver le corps, j’étais en train de me laisser mourrir, et je voulais mourrir, je voyais tout en noir, il n’y avait plus aucun espoir, ou était passée mes lunettes de soleil qui font que d’ordinaire je vois la vie en rose ?

Ma première journée avec mon burn out

J’ouvre les yeux et je ressens déjà que le bonjour que j’aurais à exprimer pour commencer la journée ne serait pas un bonjour à la vie. Mon regard fixe mon plafond blanc immaculé, à l’image de mon ressenti intérieur: le vide sidéral, l’absence de forme, de musique, de couleur…de vie tout simplement, et moi amorphe dans le lit.

Je demande à mon compagnon d’annuler tous mes rvs me sentant totalement incapable de les assurer. La nuit intérieure laisse place à la nuit extérieure et là encore, aucune envie, ni plaisir à vouloir assimiler, ancrer, apprécier cette journée à part dans les bras de Morphée pour fuir la réalité. Mais je ne dors pas, je végète…Mon nouveau parfum me dis-je, moi qui suis très sensible aux odeurs: “Burn out par la marque Coma” !

Burn out : mode d’emploi

symptôme burn out

Le burn out est un animal insidieux, patient, opportuniste, handicapant, fourbe, joueur, et sans pitié aucune. Le burn out vous habite, vous hante, vous impact psychologiquement, et par voix de conséquence, physiquement. Je n’ai jamais pris de drogues, mais j’aurais donné tout ce que je posséde pour un cachet ou une anesthésie qui me fasse mourrir en douceur, tellement ma souffrance était grande : j’avais perdu l’amour de mon métier, ma passion, j’étais hyper angoissée pour quoi ? Je ne le savais même pas, pour tout je dirais, et je ne voyais, que si qui allait mal dans le monde.

Si je devais vous donner un élément de comparaison, la dépression est l’état larvaire qui s’en rapprocherait le plus… J’avais un corps que je ne pouvait pas bouger, un cerveau qui ne pouvait pas fonctionner. Je n’avais plus aucune une raison d’être. Le burn out s’insinue en vous de manière sourde, et insidieuse, et ne demande qu’à se révéler tel un cancer…

Tout comme nous pouvons tous être porteurs d’un cancer qui ne demande qu’à s’exprimer par une mauvaise alimentation, la cigarette, la sédentarité, l ‘hérédité…En effet, nous ne sommes pas non plus à l’abri d’un burn out. Ça peut arriver à tout un chacun. 36% de la population française à déjà fait un burn out, c’est un chiffre énorme ! Les femmes, avec leur double vie, soit la vie personnelle, après celle professionnelle, sont les plus touchées : 39%. Il n’y à pas de statistiques sur combien de personnes se suicident à cause d’un burn out, ce qui est dommage, car j’aimerai bien les connaitre.

Un burn out, pourquoi moi?

Je suis travailleuse, je suis altruiste, j’ai eu une enfance heureuse, mais une adolescence malheureuse, ma mère est manipulatrice perverse narcissique, elle demandait à mon père de me frapper, et comme il était manipulé, il le faisait, puis il venait pleurait dans mes bras pour s’excuser, du coup j’étais paumée : est-il méchant ou est-il gentil ?

Et même si j’avais traitée mon adolescence en thérapie, et que j’ai préféré rompre tout contact avec comme j’appelle les vampires: les manipulateurs pervers narcissiques, des vampires car il nous laisse exsangues. Donc avec ma mère, et que j’avais gardé d’excellents contact avec mon père, avec qui j’ai pardonné les coups et qui s’en est excusé (mes parents ont divorcés, ca à simplifié les choses pour le voir et ne voir que lui), et bien ce moment difficile de ma vie met revenue en pleine poire lors du burn out : tout est remonté et j’avais désespérément besoin d’une maman.

Donc l’absence d’amour de ma mère à contribué au burn out, mais les causes sont multifactorielles, comme je l’ai dit, il y avait déjà un terrain dépressif et mon père est work addict, et les chiens ne font pas des chats … De plus, nous sommes dans une société ou c’est tellement gratifiant et rare, de bien vivre d’un métier que l’on aime.

Le burn remonte à tout un historique

Etant battue, à ma majorité, j’ai fui mes parents qui vivaient encore à ensemble à l’heure actuelle. Je devais aller en classe prépa de lettres, mais cela aurait impossible de travailler pour payer un studio, un studette en état en classe préparatoire de lettres supérieures, donc j’ai pris l’anglais en fac, c’est beaucoup moins d’heures, comme ca j’ai pu financer mes études, mon studio, ma nourriture, et même mettre de l’argent de coté.

Hasard ? L’anglais plus tard m’à permis de me former directement avec le créateur de la PNL, soit Programmation Neurolinguistique, Richard Bandler. Il à filmé les milliers d’heures Milton Erickson, le créateur de l’hypnose Ericksonienne. Richard Bandler est américain et ne forme qu’en anglais, ca tombait bien, je parle anglais couramment.

Le burn out : pire qu’une malédiction

burnout que faire

Me débrouiller pour vivre, être thérapeute, crée un institut de formation en thérapie, et finalement arriver à exister par et pour soi-même n’était-ce pas là, au final, une malédiction ? Le travail c’est la santé ! dit on. Oui pour celui qui l’a chanté, mais clairement pas pour ceux qui l’ont éprouvé à trop grosse dose : des journées de travail 12 heures en moyenne.

Pourquoi moi? Parce que j’avais tout sacrifié à mon travail, parce que je n’avais pas d’appui familial (mon père est maintenant hémiplégique sur tout le coté gauche du corps et placé en EPAD, car ma mère au moment du divorce, lui à mise une telle pression pour récupérer sa part de la maison, qu’il en à fait un AVC. Vivant seul, il n’à été retrouvé qu’au bout de trois jours. Maison qu’il avait fait pour elle, alors qu’il était ouvrier est faisait les 3/8. Donc il travaillait la nuit, et construisait la maison en journée, il était donc en permanence sur les nerfs, car épuisé, ce qui générait une ambiance très tendue à la maison.

Mais je sentais que je pouvais lui donner de l’allègement en ayant de bons résultats scolaires : “au moins la gamine travaille bien”, ça le rassurait, lui qui était ouvrier et voulait un meilleur avenir pour ces enfants. Il était fier de moi, donc je travaillais dur, ma mère était jalouse de moi de toute façon depuis ma naissance. Elle m’avait bien fait comprendre que “je n’étais pas une enfant voulue, et que je ferais et dirais ce que je voudrai, quand je serais chez moi, en attendant je devais fermer ma gueule”, je vous les dit mots pour mots, charmant n’est ce pas ? Dévalorisant surtout, et destructeur, vous vous sentez coupable d’exister, d’être un poids pour vos parents, alors que je n’avais pas demandé à venir au monde. A l’écoute de ses paroles, J’aurais voulue être une petite souris qui se puisse se cacher dans un trou.

L importance capitale d’être bien suivie lors d’un burn out

Je m’étais déjà aperçue alors que je m’étais présentée en tant que thérapeute cognitiviste et comportementale, hypnothérapeute, thérapeute conjugale et familiale auprès de psychiatres, car je recevais malheureusement parfois des patients en dépression sévère ou suicidaire, qui avait besoin d’un traitement médicamenteux, que trouvait un bon psychiatre relève du miracle !

En effet, c’est comme dans toutes les professions, il faut une personne experte et qui s’engage. On peut tomber sur un professionnel qui connait bien son métier mais ne s’engage pas, pour diverses raisons, par exemple, par il ou elle vient d’avoir un bébé, et que c’est sa priorité, ou tout simplement parce cette personne fait son taff et point barre, ou à l’inverse une personne qui s’engage, mais qui ne connait pas bien son métier. Et il faut les deux ! L’expertise et l’engagement pour tout corps de mon métier pour que le travail soit bien fait.

Une certaine image du burn out

Un burn out sévère a un avantage certain c’est qu’il vous rend économe ;que ce soit en nourriture-on n’a pas faim-, en dépenses personnelles (voyage, cinéma, théâtre, week end, vêtements, prendre un taxi pour aller voir un ou une amie..)- aucune envie de quoi que ce soit ! Le burn out a un désavantage certain c’est qu’il peut mener au suicide !

Le quotidien du burn out réside dans l’inaction tant physique que psychique: un regard vide, hagard, un corps sans vie et une psyché amorphe. Si je devais donner une image à mon burn out, ce serait une personne en fin de vie, alitée en soins palliatifs, droguée avec de la morphine, pour ne plus souffrir, et avec le désir de l’euthanasie pour abréger ma souffrance.

Ma tentative de suicide due au burn out

burnout maladie professionnelle

Un soir, ni tenant plus, je demande à mon compagnon, (qui fort heureusement était là pour me soutenir, même si ca ne suffit pas, c’est mieux que rien), de m’amener aux urgences de l’hôpital de Beaujon pour me faire hospitalisée, car je n’en pouvais plus des angoisses, comme je l’ai dit, j’aurais donnée toutes mes économies pour qu’on puisse les arrêter, en me tirant une balle dans la tête, ou par n’importe quel moyen, pourvu que ce dernier soit sans douleur et très rapide.

Le psychiatre me répond qu’il n’y a pas d’unité psychiatre à Beaujeon (j’avais choisi cet hôpital car il est prêt de Levallois, pensant que mon compagnon pourrait venir me voir), et le psychiatre de garde m’indique d’un ton agressif qu’il n’y à pas de lit pour me garder, en rajoutant :”et je vois que votre psychiatre vous a prescrit de l’anafranil, ne faites pas joujou avec car cela déclenche des arrêts cardiaques”.

Non mais c’est moi l’hypnothérapeute qui hallucine là !!! Je lui dit que j’ai envie de mourir, tellement je souffre, parce que j’ai perdu le goût de ma passion : mon métier, et je me demande ce que je vais devenir et de quoi je vais vivre, parce que mon père, handicapé est bourré de cachets pour ne pas souffrir, est en EPAD dans les Alpes de Hautes Provence, et donc ne peut pas me soutenir, et que je n’ai pas la force de prendre un moyen de transport pour aller le voir, parce que ma mère s’en fout royalement, voire je me demande si elle ne souhaite pas ma mort, et parce que mes amis travaillent, et donc sont pris en journée et crevés le soir, car ils doivent s’occuper de leurs enfants, ou de leur parents vieillissants, que je me sens terriblement seule, que je veux en finir, et il me donne le mode d’emploi !

Par conséquent, retour direct à la maison, j’ai avalé une boite entière d’anafranil, il m’en restait 1 autre. En effet, quand vous êtes suivi(e) par un psychiatre en ambulatoire (c’est à dire que vous n’êtes pas hospitalisé(e)) et que vous êtes au fond du gouffre, le ou la psychiatre vous prescrit des médicaments pour un mois et vous donne rv dans un mois, alors que vous auriez besoin de le ou la voir, deux fois par semaine ! Et les médicaments seraient ainsi délivrés à petite dose, ce qui éviterait les tentatives de suicides. Je me réveille environ 24h après avoir avalé la première boite, à mon grand regret. J’étais déterminée : j’avale la deuxième boite : même topo je me réveille à peu près 26 après. Décidément, je dois avoir un coeur en parfaite santé ! Ou un grand coeur ….

L’hospitalisation en hôpital psychiatrique due au burn out

Dans un sursaut de ressources, j’envoie un texto à un confrère pour qu’il vienne me voir et je lui dit ce que j’ai fait (la TS). Il appelle les pompiers au lieu de venir ! C’est impressionnant vous avez 3 ou 4, je me souviens plus exactement mecs baraqués rien que pour vous ! Et il y avait une jeune femme. Ils me demandent ce qui ne va pas, et si j’ai pris des substances quelconque, je leur dit la vérité, et là il m’embarquent direct aux urgences de Beaujeon, à nouveau me direz vous … Je ne voulais pas y retourner mais ils ont insisté lourdement.

Arrivée là bas, on me demande de me déshabiller, complètement, je n’ai pu gardé que mon slip, puis d’enfiler une sorte de tissus vert qui ne couvrait que le devant de mon corps, pas l’arrière. J’étais terrorisée à l’idée d’aller dans un hôpital, aux urgences psychiatriques, non de mon plein grès, car je sais qu’alors on vous hospitalise de force en hôpital psychiatrique. Et étant de la partie, je sais que c’est sectorisé, et que même si j’avais été amenée aux urgences de St Anne, à Paris, j’aurais atterri à Moisselles, un hôpital psychiatrique, qui se trouve dans la pampa, et qui ressemble plus à une prison, plutôt qu’à un lieu ou l’on vous écoute, vous masse, vous fait écouter de la musique douce, vous offre du réconfort et de l’écoute, ou l’on vous fait des séances d’hypnose, ce que l’on devrait faire plutôt que de vous bourrer de cachets.

Après avoir attendue 5h (!!) aux urgences de l’hôpital psychiatrique, seule, en petite tenue, comme ça ils s’assurent que vous ne pouvez pas vous enfuir, et de toute façon, vous êtes dans une salle dont vous ne pouvez pas sortir, ni voir vos proches, qui sont dans la salle d’attente; une psychiatre vient enfin, me demande la même chose que les pompiers, mais d’un ton beaucoup plus autoritaire et totalement dénué d’empathie, ce que n’avaient pas les pompiers, qui étaient doux et compatissants, elle me balance : qu’ m’hospitalise de force, en m’indiquant, que si je ne me laisse pas faire, la police s’en chargera !

Je suis restée uniquement 21 jours à cet hôpital, car étant de la partie, j’ai dit au psychiatre que l’on consultait deux fois par semaine, ce qui fallait lui dire, pour me barrer le plus vite possible de cet endroit, ou il y à une salle d’isolement, qui était ma trouille bleue : vous dites un mot de travers à un infirmier ou infirmière, et vous est bon pour trois jour d’isolement ! Je rajoute que l’on vous prends votre portable lorsque vous arrivez, ainsi que votre parfum, et qu’il vous faut le demander aux infirmiers si vous voulez vous parfumez, le portable est interdit. Cet hôpital ressemble plus à une prison qu’à un hôpital, sauf que la chambre de votre porte est ouverte. Vous êtes donc coupés du monde extérieur, avec pour interlocuteur d’autres patients de Levallois Perret, et des infirmiers d’un manque d’empathie désolant, pitoyable, qui passent leur temps dans leur salle de repos à surfer sur leurs smartphones. Etant une sorte de consoeur, le psychiatre m’à redonné mon portable au bout de 3 jours, mais des patients, qui avait des baby blues, ou des burn out, ou des dépressions, ou dépendant à l’alcool, n’avaient pas droit à leur portable, et était là depuis des mois ! Je précise que nous avons droit à des visites, lorsque cela nous est accordé. J’ai la chance que mon époux soit libéral, comme moi, il à pu donc organisé les rvs, et il est venu me voir tous les jours.

Mon hospitalisation en clinique neuro psychiatrique suite au burn out

Je sors de l’hôpital donc au bout de 21 jours, et la vie reprend son cours …. Pendant un mois tout allait bien, et à nouveau au bout d’un mois, tous les symptômes reviennent, car c’était le vide sidéral au niveau des demandes de rvs, entre la crise des gilets jaunes, la crise tout court, et le fait que je n’avais pas publié d’articles depuis des mois, cela explique le manque de demandes, moi qui ait besoin d’inter action :-(, et qui avait retrouvé le gout de mon métier, maintenant il n’y avait plus personne ! Et les factures impayées s’accumulaient, moi qui avait l’habitude d’avoir de l’argent de coté, j’étais grave à découvert. Je décide cette fois-ci de me faire hospitalisée en clinique neuro psychiatrique, ou là, au moins, il y à de la gym, du yoga, un parc, ou vous avez votre portable ou vous consulter un psychiatre tous les jours, mais environs 2 mns, alors qu’il sont rémunérés 70€, qui certes parfois durait 5 mns ! Et il y à la possibilité de consulter une psychologue une fois par semaine, qui me dit alors que j’arrive dans un état cadavérique : “allez faut s’accrocher”, bien sur ! Comme si j’en avais l’envie et la force. Bref, un seul rv avec elle m’à suffit : totalement incompétente, je ne l’ai pas revu. On me bourre encore plus de médicaments pour que je retrouve l’appétit et le sommeil, j’y reste 4 mois.

La sortie d’hospitalisation après le burn out

A cause des médicaments, j’étais passée de la taille 38, ma taille normale, au 44 : super pour la valorisation ! Ça pour ouvrir l’appétit, les divers médicaments de la pharmacopée, l’ouvre ! J’étais capable de manger une pizza entière au petit déjeuner, je me réveillée affamée, par contre, je dormais comme un bébé, mais le hic, c’est que je m’endormais même au cinéma, et en plus de nuits longues, je faisais des siestes des siestes en journée !

J’ai été bien pendant 3 mois, sauf que je pensais que je n’avais plus aucune crédibilité auprès des nombreuses patientes que j’accompagne pour la perte de poids par l’hypnose, voire pour la pose d’un anneau gastrique virtuel, mais cela n’avait pas l’air de les gêner. 3 mois après que j’étais sortie, soit fin septembre, donc en décembre, pour les fêtes de Noel, comme je n’avais plus fait de référencement naturel sur mes sites, je n’avais que très peu de patients et de formés, je recommence à déprimer, car je n’aime pas le vide, ça vous l’aviez compris, sans parler que j’avais passée une année à ne pas travailler, donc coté finances, ca commençait à être stressant, car lorsque vous êtes libéral vous cotisé, non pas au régime général de la sécurité sociale, mais au RSI, qui quand je les ai appelé pour avoir des indemnités, m’ont répondu que le burn out et la dépression n’existait pas ?! C’est reconnu par l’OMS !!

J’appelle donc ma prévoyance privée à la Caisse d’Epargne et là on me répond qu’il y à trop de burn out, dépressions et lombalgies et que cela n’est pas pris en compte dans mon contrat. Evidement, cela devait être écrit dans les petites lignes, mais qui à le temps de lire ces petites lignes ?

Et là j’ai eu un déclic : je me suis regardais dans la glace, je me suis dite que je ne me supportais plus avec ces 13 kilos en plus, que de toutes les façons, j’étais en train de rechuter, même avec les médicaments qui modifient complètement votre métabolisme et font très grossir. J’ai donc pris la décision de tous les jeter. Tous les psychiatres disent qu’ils ne faut pas faire ca, mais un sevrage. Oui mais les conseillers ne sont pas les payeurs. Et passée du 38 au 44 ca n’à rien de bon pour la valorisation dont on a besoin lorsque l’on va mal.

Certes, mais j’allais tout de même mieux, donc j’ai pu m’auto coacher, et me faire des séances d’auto hypnose, et à l’heure ou “je vous parle”, soit le 29 février 2019, j’ai retrouvé mon peps, je me suis reconnecter avec mon cercle amical, je me bats comme une lionne pour redresser ma trésorerie, je fais du sport, j’ai retrouvé mon appétit normal, (un jus de légume et une banane le matin me suffisent amplement), ma libido, et j’ai perdu 3 kilos sans faire de régime en un mois. Je vais retrouver mon poids de forme, et je dors naturellement. Je rédige à nouveau des articles, je forme, je consulte, et j’écris mon deuxième livre : Comprendre ma femme sans encyclopédie. Et surtout j’ai retrouvé ma passion : mon métier. Vous pourriez me dire : mais pourquoi ne pas avoir fait d’auto hypnose et d’auto coaching avant ? Parce que j’ai commis l’erreur d’attendre trop longtemps et je ne supportais plus ces deux matières, rejet total. Je ne supportais plus grand chose me direz-vous.

Un conseil à donner à ceux qui sont en burn out, ou pré ou post burn out

burnout

Si vous êtes en pré burn out, surtout levez le pied ! Faites vous suivre, si possible par quelqu’un qui connait bien le sujet, et n’ayez aucune culpabilité à vous faire mettre en arrêt maladie pour vous reposer. Sinon, ca ne sera pas une semaine d’arrêt maladie, ou un mois, mais plusieurs mois, comme moi que vous subirez votre burn out.

Si vous êtes en burn out, idem, faites vous suivre c’est capital, et entourez-vous si cela est possible de personnes bienveillantes, ne vous dévalorisez pas, et croyez-moi en peut s’en sortir, et ce, sans hospitalisation, j’en suis la preuve vivante, puisque je me sens bien mieux sans médicaments et active, qu’assistée en clinique, ou pire quasi “internée” en hôpital.

Si vous êtes en post burn out, même conseil, faites vous suivre par une personne qui à vécu un burn out et qui s’en est sortie. En espérant que cet article aidera les personnes qui en ont besoin, cela me fera plaisir de lire vos commentaires.

Ce burn out, maintenant que j’en suis sortie, a même était un mail pour un bien. En effet, je propose maintenant mes services de thérapie cognitive et comportementale, ainsi que de l’hypnose aux personnes en soins palliatifs, dans certains hôpitaux ainsi des cliniques, mais aussi de la thérapie de l’aidant. C’est à dire apporter de l’écoute aux proches de le personne en soin palliatif.

Et j’interviens aussi auprès des équipes médicales, et qui comme je l’ai fait, peuvent “faire éponge”, et de l’hyper empathie et ne plus garder le recul nécessaire pour savoir que ce qui appartient au patient, et que le thérapeute ne doit pas sombrer dans le mal être, combien même il à reçu trois patients suicidaires,, ou très déprimés, dans la même semaine. Et j’ai reçu un appel d’offre pour former aux TCC le personnel des prisons. Original.

Pour conclure

En conclusion, après être passée par des moments très difficiles, je suis encore plus heureuse d’être en vie maintenant. Le burn out n’est pas une fatalité, on peut s’en sortir. Mon vécu présenté lors de cet article ne manquera pas de vous aider si vous êtes concerné par le burn out. Vous souhaitez en savoir plus ou expérimenter l’hypnothérapie pour vos remettre les neurones en place ? N’hésitez pas à me contacter depuis ce site web. Je me ferais un plaisir de vous répondre dans les plus brefs délais.

10 Comments on “Une psy raconte son burn out et son hospitalisation en 2019”

  1. Merci Angeline, maintenant que je suis sortie du burn out, et ce en ayant plus de psychiatre superviseur, ni de médicaments, je me dis que ce fut un bien pour un mal, car traverser cette épreuve et l’avoir dépasser, m’à donner des ailes, et je redouble de confiance en moi et de productivité.

  2. C’est un partage très intéressant, que la vie vous ouvre toutes les portes dont vous souhaitez.
    Angeline.

  3. Cet article décrit bien les symptômes et les ressentis des personnes souffrant de Burn Out. Il permet aussi de se rendre compte que ce trouble peut atteindre n’importe qui, et que, quelque soit la personnalité de la “victime”, ou la raison pour laquelle elle est dans cet état, il faut agir au plus vite. Ne pas attendre trop avant de consulter un psychologue compétent, car le risque est de se retrouver en hôpital psychiatrique entouré de médecins incompétents, ne faisant qu’aggraver la situation, en gavant le patient de médicaments, sans accompagnement d’un sérieux suivi thérapeutique.
    Ce qui est intéressant également, c’est de voir que, comme dans beaucoup de problème psychologique, il suffit parfois d’un déclic pour trouver une volonté en soi, bien plus forte que le trouble lui-même et que tous les médicaments réunis, permettant de s’en sortir naturellement, rien que par la force du cerveau.
    Encore faut-il trouver ce déclic !
    Se faire aider par un thérapeute compétent, sans trop attendre, permet de trouver ce déclic plus facilement et de ne pas tomber trop bas. Toutefois, cet article rassurant nous donne l’espoir que, même au plus bas, il y a toujours possibilité de “remonter” et d’apprécier à nouveau la vie !

  4. Témoignage intéressant cela peu aider tous les personnes qui traversent des moments difficile.

  5. Je viens de lire votre texte et cela me remémore certaine choses, effectivement il faut savoir lâcher prise c’est important il faut penser à soi et s’écouter afin de ne pas sombrer et basculer dans le marasme.
    courage a vous

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