Thérapeute conjugal interview infidélité

Interview infidélité, peut-on la surmonter ?

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Journaliste : « Myriam Roure, thérapeute et coach propose notamment des consultations de thérapies conjugales et familiales dont l’objectif est d’accompagner les couples pour trouver ensemble des solutions à leurs problèmes, à leurs soucis conjugaux ». « Myriam Roure, bonsoir. »

Myriam Roure : « Bonsoir. »

Journaliste : « Bienvenue dans le live, merci infiniment d’avoir répondu présente à notre invitation. »

Myriam Roure : « Je vous en prie.»

Journaliste : « Vous êtes donc thérapeute et coach conjugal. Les problèmes conjugaux, ça vous connait et nous ce soir on a envie de s’intéresser à celui qui ronge pas mal de couple : l’infidélité. Alors Myriam, est ce que c’est l’une des principale cause de rupture dans le couple. »

Myriam Roure : « Malheureusement oui, en tant que thérapeute, coach conjugal et aussi formatrice à la thérapie conjugale, je le constate oui. On le voit d’ailleurs avec les sites de rencontre qui fleurissent ; il y a un gros business qui Infidélité, conseiller conjugalexploite et incite les couples à l’infidélité. »

Journaliste : « Bien sûr. Donc de plus en plus de tentations, de possibilités aussi ? »

Myriam Roure : « Oui les tentations sont nombreuses, et tout s’est accéléré dans notre société, alors que la patience est une grande vertu. Malheureusement, les gens vont vite, trop vite, et pour tout. Nous sommes dans une société d’hyper consommation et malheureusement l’individu devient aussi parfois et pour certains, quelque chose à consommer, et/ou qui doit être rentable et rentabilisé. »

L’infidélité érigée comme une norme

Journaliste : « Myriam, on a aussi l’impression que l’infidélité est de plus en plus érigée en valeur, en norme ? »

Myriam Roure : « Oui l’infidélité est parfois érigée en valeur, pour des raisons commerciales. Alors qu’il vaut mieux être sincère avec soi-même, avec l’autre et rompre. Ceci dit l’infidélité est plus complexe que cela n’en a l’air. Et être dans le jugement de ce qui est mauvais ou de ce qui est mal est réducteur car l’être humain est complexe et paradoxal. En effet, l’infidélité peut être parfois un bien nécessaire. Ca pourra étonner certaines personnes, mais j’ai accompagné des couples qui finalement s’aiment et sont toujours ensemble. Pourquoi et comment : il faut réaliser que l’infidélité est significative et qu’elle n’arrive pas par hasard. En cherchant l’étiologie, c’est-à-dire les causes premières, il a pu y avoir, par exemple, une attention excessive de la femme devenue mère envers ses enfants. Le partenaire peut se sentir esseulé, et sa libido, ses besoins affectifs, ou de tendresse, ne sont pas assouvis. Ou, un des deux membres du couple peut, et c’est un classique, ne pas assez donner de considération à l’autre, parfois le partenaire qui manque de considération croit qu’elle lui est dut naturellement et de son coté n’exprime pas son besoin d’avoir de la reconnaissance. De ce fait, très souvent, l’infidélité se fait avec une personne qu’on va rencontrer sur son lieu de travail. Jusqu’à 70% à peu près, tout simplement parce que le partenaire infidèle est en fait en souffrance, et parfois en souffrance très profonde, il peut se sentir en manque de considération, mal aimé, en manque de gratitude et de reconnaissance. Et, nous avons tous besoin de nous sentir aimés, estimés et valorisés. »

Journaliste : « Alors, dans cette trahison, dans cette épreuve à surmonter, on peut y voir l’occasion de se remettre en question ? »

Infidélité, thérapie conjugale, formationMyriam Roure : « Oui, tout à fait, parce que rien n’arrive par hasard : les raisons ont une cause. Et les gens sont rarement dans le donjuanisme pour les hommes et les cas de nymphomanies sont rares aussi, le plus souvent les gens ont des besoins qui ne sont pas assouvis : libido (fréquence des rapports trop espacés, de part le manque de temps, à cause de la surcharge de travail de l’un des partenaire, des deux, de l’éducation des enfants, ou parce qu’un partenaire a plus d’énergie sexuelle que l’autre, et a donc plus besoin de l’exprimer, de la vivre), cela peut venir aussi d’un besoin de tendresse, et pas forcément de sexualité, et surtout et avant tout d’être apprécié pour qui on est et ce que l’on fait. C’est un puits sans fond, car souvent, au début d’une relation on fait exprès de passer sur les défauts de l’autre, et on nourrit son égo, mais au fil du temps, on ne peut plus être dans la séduction de l’autre et se mentir à soi-même, et donc la même histoire peut se répéter si on n’apprend pas à demander à l’autre ce que l’on appelle des « strokes » en psychologie, c’est à dire des besoins de reconnaissance, et que l’on n’apprend pas à s’en donner aussi à soi-même. Bien sur, il y a des partenaires à qui on aura beau en demander, et il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Mais le plus souvent les demandes sont exprimées sous forme de reproches ce qui fait que l’autre partenaire n’a pas envie de donner, il ou elle est démotivé(e). »

Journaliste : « Bien sur. »

Un couple est un challenge

Myriam Roure : « Un couple est une relation, donc deux personnes. Donc si le couple a un problème, la relation a un problème, les deux membres du couple sont responsables. J’ai pu constater lors de ma pratique que souvent les partenaires sous-estiment le manque de temps, et d’énergie à consacrer à l’autre, car nous travaillons tous énormément. Nous sommes déjà en manque de réserve pour nous-même, donc le peu de réserve qu’il nous reste, nous le tournons vers les enfants (quand il y a des enfants). Et forcement, si nous manquons de réserve pour nous-même, nous n’en avons pas pour l’autre. »

Journaliste : « Donc un manque de temps, d’attention, le fait de ne pas assouvir les désirs de son partenaire ? »

Myriam Roure : « Oui, il y a des désirs mais vraiment pas uniquement. Tout n’est vraiment pas réduit au désir et à la libido. C’est aussi et surtout tous les petits gestes simples du quotidien qui peuvent générer une infidélité, et surtout une mauvaise communication entre les hommes et les femmes. Et l’école ne nous apprend ni à être parents, ni à être en couple ! Alors que les hommes et les femmes sont vraiment très différents. Un couple est un challenge, et necessite à l’homme d’apprendre ce qu’est une femme et vice et versa.

Nous avons aussi tous besoin de nous sentir gratifié, remercié, reconnu dans les efforts que nous faisons au quotidien, parce ça n’est pas facile un couple. Quand j’entends certaines personnes célibataires qui l’idéalisent dire : « moi j’aimerais tellement être en couple, etc… » je leur explique qu’un couple c’est aussi des remises en question, qu’il faut accepter l’autre tel qu’il est, mais jusqu’à nos propres limites bien entendu, pas au point de s’oublier. Un couple est un  challenge dans le sens ou cela demande du travail, ainsi que de la patiInfidélité, les solutions en thérapieence et de la persévérance des remises en questions et des compromis, comme de nombreuses choses dans la vie. »

Journaliste : « Alors vous Madame Roure, spécialiste, thérapeute, coach ; quels sont les outils que vous mettez, que vous proposez à disposition de celles et ceux qui viennent vous voir, qui vous appellent au secours pour conjurer ce mauvais sort, j’ai envie de dire ? »

Myriam Roure : « Je travaille en thérapie cognitive, ça vient de « cognocere » en latin, qui signifie la connaissance : c’est-à-dire nos pensées, nos réflexions. Le terme précis est thérapie cognitive et comportementale, soit nos comportements : c’est nos mots ou nos actions. J’emploie aussi la PNL : la Programmation NeuroLinguistique, technique avec laquelle, nous allons ensemble, avec un des membre du couple, ou le couple, justement réfléchir sur les mots qu’ils emploient pour se parler, et sur leur mode de communication. En effet, les mots dans la communication- même si les mots sont très importants-  ne représentent cependant, qu’environ 10% de la communication. Le timbre de voix, c’est 30 %. Vous allez me comprendre tout de suite parce que je vais l’illustrer par un exemple. Je vais vous dire deux fois le mot « merci ». Mais je vais le dire avec un timbre de voix complètement différent, ce qui fait que vous allez entendre un message différent, pourtant c’est le même mot. Il reste donc 60% pour que nous arrivions à 100. Les 60 autres pourcent en fait correspondent au langage du corps et les mimiques du visage, du facies. Là, malheureusement à la radio ça ne se verra pas mais imaginez dans ce premier merci que je vais formuler une attitude physique un peu méprisante et hautaine : donc vous consacrez du temps, de l’énergie et de l’argent à m’offrir un cadeau et je vous remercie en vous disant merci de cette manière : Merci ! »

Journaliste : « Oui. »

Myriam Roure : « En fait voilà ! La personne est indifférente. Bref, ce n’est pas un vrai merci. »

Journaliste : « Ça bloque là, ça bloque dans la relation. »

Myriam Roure « Oui. Vous consacrez donc de l’énergie, de l’argent et je vais vraiment en fait être dans l’énergie de la gratitude. Je vous suis reconnaissante et j’ai la main d’ailleurs sur mon cœur. J’m’approche en fait de vous dans ces cas-là : la personne proche de l’autre personne j’la regarde droit dans les yeux alors que tout à l’heure ; moi dans ma tête je me mettais dans cet état d’esprit donc je regardais les pieds ou en bas. J’vous calculais même pas quoi ! Et donc j’avais un timbre indifférent alors que là je vous regarde droit dans les yeux, j’ai une main qui touche la zone de mon cœur et je vous remercie comme ça : merci. »

Journaliste : « Oui. C’est différent. »

Myriam Roure : « La personne vous dit : « ça me touche. » Elle est touchée. Et d’ailleurs elle se touche dans la zone de ces émotions. Donc, ça c’est la Programmation NeuroLinguistique qui fait partie donc des thérapies cognitives et comportementales et du coaching parce que ça reste de l’humain. La différence entre le coaching et la thérapie : en thérapie, on ne va pas bien. On aimerait déjà aller bien. En coaching on va bien, on aimerait aller mieux. Voilà ! Ça reste de l’humain. »Comprendre la complexité de l'infidélité
Journaliste : « Donc ! Beaucoup de choses à apprendre pour se rendre meilleur. »

Myriam Roure : « Complètement. On apprend à tout âge. Et parmi les autres outils, il y a l’Intelligence Emotionnelle. C’est-à-dire nous reconnecter à notre instinct, à nos émotions parce qu’on est assez robotisé, déshumanisé en occident à l’heure actuelle… C’est pas pour rien qu’il y a une montée de gens qui veulent faire de la méditation, etc..qui font des voyages au Tibet. Parce qu’ils ne dorment plus, ils mangent mal. »

Journaliste : « Bien sûr, oui ! »

Myriam Roure : « On a besoin de reconnexion à ça, à notre Intelligence Emotionnelle,à cette zone
du cœur et pas seulement de la réflexion. Comme le disait Rabelais ; moi j’aime beaucoup cette phrase : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Journaliste : « Un peu de réflexion ce soir dans le live, ça fait du bien. En tout cas pour vous retrouver Myriam Roure direction www.coachplanet.net . Alors, ce que j’ai trouvé aussi très intéressant c’est qu’il était possible d’échanger avec vous via SKYPE. »

Myriam Roure : « Tout à fait. Les formations ainsi que les consultations à la thérapie conjugale, ou thérapie individuelle d’ailleurs, peuvent se faire via skype.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la personne qui subit l’infidélité peut avoir son monde qui s’écroule littéralement. Elle peut être complètement en perte de repaire : se remettre en question, voir se culpabiliser, perdre confiance en elle, en la vie, et en l’autre personne et dans le sexe opposé aussi. Et l’hypno thérapie, ou la thérapie individuelle ou conjugale, si l’autre partenaire souhaite participer, permet de panser, de réparer les blessures et les traumatismes à vitesse grand V, a vitesse accélérée même avec l’hypnose. L’hypnose, parmi d’autres outils de la thérapie cognitive et comportementale que je pratique, permet d’accélérer le processus de deuil affectif quand l’infidélité aboutit à une séparation ou, au contraire, permet d’accélérer le deuil de l’évènement traumatisant, pour passer à autre chose et retrouver un lien de confiance avec son partenaire. »

Formation thérapie conjugaleJournaliste : « Myriam Roure, une dernière question : est-ce que prendre conscience, dès le début de la formation de son couple, que l’infidélité est possible ; est ce que c’est vraiment une chose à faire ? C’est comme ça qu’il faut voir les choses ou, au contraire, ça risque de nous bloquer, de faire qu’on ne vit sa relation naturellement ? »

Myriam Roure : « C’est vraiment propre à chacun. Chaque personne est unique et ce qui fait une personnalité c’est trois choses : ses gênes, les chiens ne font pas des chats, l’environnement socio culturel dans lequel nous avons grandi, et la troisième chose, que l’on voit parfaitement bien avec des jumeaux parce qu’ils ont le même patrimoine génétique, dans le cas des vrais jumeaux. En effet, ils ont été élevés exactement au même moment, donc c’est le même environnement socio culturel ; il n’y en a pas un qui est une femme, l’autre un garçon, non ils ou elles, sont du même sexe. Puisque sur des jumeaux, ils ont le même patrimoine génétique, le même environnement socio culturel, au même moment. Cependant, il y en a toujours un qui est plus audacieux, plus extraverti, plus à l’aise avec les gens. L’autre est plus introverti, plus réfléchi, a un coté un petit peu plus mystérieux, moins à l’aise en société, mais ses liens avec les autres sont plus durables. Il y a tout de même en fait une différence, cette différence, c’est la personnalité. Les thérapeutes, les coachs, les psys, nous intervenons sur ce point précis : aider la personnalité à évoluer, à s’affranchir, si besoin de son environnement socio culturel, si il lui est pesant, et à se construire ou reconstruire son éduction en fonction de ses valeurs.

Nous n’avons pas tous eu le même, environnement socio culturel. Une personne qui a modélisé par exemple, enfant, des parents qui ont vécus des relations extraconjugales n’aura pas la même vision du couple, qu’une personne qui elle a eu des parents fidèles, et qui était dans des rapports de confiance, de complicité, même si il y avait parfois des coups des disputes, il n’y avait pas de non-dit dans l’air. Donc vraiment, chaque personne est différente, et chaque thérapie l’est.»

Journaliste : « Myriam Roure, thérapeute, thérapeute conjugale et familiale, coach, et formatrice, aussi parce que vous transmettez également votre savoir-faire. »

Myriam Roure : « oui Coachplanet est un centre de formation par correspondance, via skype et de visu. »

Journaliste : « Toute les infos sont sur le site www.coachplanet.net . On n’hésite pas à aller consulter le site web de Myriam Roure. Merci infiniment d’avoir été avec nous dans le live. Merci pour ce moment d’apaisement. »

Autres articles sur le thème de l’infidélité :

http://www.coachplanet.net/therapie-conjugale/l-infidelite
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3 Comments on “Thérapeute conjugal interview infidélité”

  1. Un article clair et interactif. Clair car ce post identifie chacun des partenaires du couple comme co-responsable de l’infidélité dans le couple, sauf cas pathologique. Interactif car, comme il est spécifié, chacun est différent et appréhende l’infidélité à son image, selon son propre prisme. Cet article nous parle à tous, car dans un monde « mondialisé » avec 7 milliards de personnes et une fenêtre (internet) ouverte sur le monde, qui n’a jamais eu peur que sa tendre, ou son compagnon, soit tenté(e) par l’infidélité ? Un thème qui parle à tous car la thérapeute explique bien le coeur du problème derrière l’infidélité : la mauvaise communication. Une interview rondement menée, et avec de belles illustrations.

  2. C’est un vrai article de fond. Linfidelite est un sujet très complexe. Nous avons tous tendance à porter un jugement sévère sur le sujet. Cet article permet de méditer sur le sujet.

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