Les différences entre l’EMDR et l’IMO

Intégration des mouvements oculaires : IMO, Myriam Roure

L’IMO, soit l’acronyme de : Intégration par les Mouvements Oculaires s’emploie dans le traitement des traumatismes émotionnels, des phobies ainsi que pour la dépression. Cette thérapie permet d’accéder aux souvenirs traumatiques et de modifier les dimensions multi-sensorielles qui ont été associées aux traumatisme(s).

Qu’est-ce que l’IMO ? 

Dans le champ de la thérapie, les professionnels de la relation d’aide peuvent avoir recours à l’hypnose, la PNL, l’intelligence émotionnelle, les profils de personnalités, ainsi qu’à l’IMO: l’Intégration par les Mouvements Oculaires, aussi appelé EMI en anglais pour Eye Movement Integration. Il existe aussi l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing). Ces techniques sont employées pour traiter les états de stress post-traumatiques qui gènent la personne dans son présent, ainsi que les souvenirs négatifs récurrents, qui peuvent limiter une personne dans la réalisation de ses potentiels.

L’IMO : comment ça marche ? 

L’intégration par les mouvements oculaires : l’IMO est une thérapie où le patient, guidé par le praticien, qui est souvent aussi hypnothérapeute, effectue des mouvements avec les yeux afin de traiter des traumatismes psychologiques et libérer les blocages. La pratique de l’IMO permet d’activer les réseaux neurologiques inconscients. Au lieu de s’en tenir à un échange verbal comme dans les thérapies traditionnelles, le patient refait l’expérience de son traumatisme initial, avec tous les souvenirs multi-sensoriels associés, et peut, grâce à l’intégration des mouvement oculaires, effacer la charge émotionnelle associée à son vécu. Le thérapeute pratiquant l’IMO accompagne par la parole, son patient, et suit un protocole précis en guidant les yeux de son patient vers des mouvements de haut en bas, ou de droite à gauche. En lâchant-prise, le patient active son processus d’auto-guérison.

D’où vient l’IMO et en quoi consiste-t-il ?

Intégration mouvements oculaires : IMO, Myriam Roure
L’IMO (aussi appelé EMI) a été créée par Connirae et Steve Andreas au Colorado en 1989. Par la suite, la psychologue québécoise Danie Beaulieu a développé et amélioré la technique. Danie Beaulieu a publié le premier ouvrage sur le sujet en 2003. L’IMO (ou EMI) se fonde sur le principe de la PNL : Programmation Neurolinguistique. En effet, en PNL, la direction du regard indique quels types d’informations auxquelles le cerveau est en train d’accéder. Par exemple, les personnes qui regardent en haut pensent inconsciemment en images, elles conceptualisent inconsciemment en images. Ces personnes ont une mémoire visuelle. Alors que les personnes qui regardent à droite, ou à gauche, ont une mémoire auditive, elles conceptualisent un contenu auditif, soit en sons, comme les musiciens et les ingénieurs du son, mais aussi toutes les personnes qui mémorisent mieux en répétant plutôt qu’en lisant ou en écrivant. Les personnes qui regardent en bas, ont des ressentis, des émotions, des sensations, on dit qu’elles sont kinesthésiques; elles ont une mémoire sensorielle. Ces personnes conceptualisent inconsciemment avec des émotions et des ressentis. À partir de ce principe, Connirae et Steve Andreas se sont posé la question suivante : si on arrive avec une personne, alors qu’elle est en contact avec un souvenir traumatique, à la faire regarder dans différentes directions, pourrait-t-on aider son cerveau à accéder à de nouvelles informations sensorielles, auxquelles la personne ne peut pas accéder consciemment ? Leurs expérimentations prouvent que oui. C’est ainsi que les personnes pratiquant l’IMO peuvent modifier, non pas un souvenir, mais la charge émotionnelle associée à un traumatisme ou à un souvenir désagréable.

D’où vient l’EMDR ?

L’origine de l’EMDR a été créée en 1987 par la psychologue californienne Francine Shapiro. Celle-ci l’a découverte alors qu’elle se promenait dans un parc en ruminant des idées noires. Elle s’est rendue compte que lorsque ses yeux se déplaçaient rapidement de gauche à droite, la charge émotive de ses pensées diminuait. Elle a alors expérimenté cette technique lors de ses interventions thérapeutiques, pour finir par l’appliquer tout le temps.

Quelles sont les différences entre l’IMO et l’EMDR ?

Les techniques de l’EMDR et celles de l’IMO présentent des ressemblances. La plus simple est qu’elles font toutes deux appel à des mouvements oculaires. L’EMDR est réservé au corps médical. Il faut avoir par exemple, un diplôme d’infirmière, de médecin, ou de psychiatre alors que l’on peut se former à l’IMO en étant thérapeute, psychanalyste ou psychologue. Parmi les points communs des techniques de thérapie de l’IMO et de l’EMDR, ces deux techniques font toutes deux appel à des mouvements oculaires pour traiter les mêmes problématiques. De même, en IMO ainsi qu’en EMDR, le thérapeute s’intéresse aux résidus neurologiques laissés par les événements traumatiques. En outre, ils ont les mêmes effets similaires, les larmes, qui se déclenchent lors du traitement thérapeutique et font que les patients évacuent leur(s) traumatisme (s). L’efficacité des deux techniques n’est pas semblable. L’IMO est plus puissant que l’EMDR, car alors que l’EMDR se concentre sur des mouvements de gauche à droite et de bas en haut, le thérapeute pratiquant l’IMO travaille aussi en diagonale. Que ce soit en EMDR ou avec l’IMO, quelques séances seulement sont nécessaires : compter environ 5 séances par traumatisme.

Comme je viens de l’écrire, la direction des mouvements oculaires que le patient est amené à suivre diffère dans les deux techniques. En IMO/EMI, les segments se font dans différentes directions, à la vitesse demandée par le patient. Le thérapeute doit en fait exécuter une vingtaine de segments différents, qui lui permettent de couvrir l’ensemble du champ visuel du client. En EMDR, les segments se font dans une seule direction, le plus rapidement possible, et ce, jusqu’à ce que le patient n’ait plus de réaction spécifique. Ce n’est qu’à cette condition que le thérapeute peut faire un segment dans une autre direction.
Comme je l’ai expliqué précédemment, le fait que les segments utilisés en IMO soient effectués dans toutes les directions, permet au thérapeute de travailler dans tout le champ visuel de son patient. Le patient peut ainsi déterminer quelles sont les zones les plus « chargées », et les zones moins  « lourdes » de sens, dans son champ visuel. Par exemple, si le patient consulte suite à un accident d’automobile dont l’impact serait survenu du côté gauche, il est fréquent que les mouvements oculaires réalisés dans cette direction soulèvent de fortes réactions, alors que du côté droit, la réponse sera typiquement moins chargée en émotions. Ainsi, le traitement peut être dosé de manière à intégrer l’ensemble des informations, mais à un rythme plus tolérable pour le patient. Celui-ci aura par ailleurs un plus grand sentiment de contrôle sur le traitement. Cela facilitera d’autant sa collaboration, puisqu’il pourra choisir le prochain segment à effectuer. Alors qu’avec l’EMDR, le patient se trouve souvent pris par surprise par l’information soulevée par le mouvement effectué et il n’a pas l’option de choisir la direction du prochain segment.

D’autres différences s’appliquent concrètement entre les deux techniques. J’ai évoqué la différence notable quant à leur facilité d’application. Du point de vue du thérapeute, l’EMDR est plus facile à appliquer que l’IMO/EMI, ne serait-ce qu’à cause du nombre de segments utilisés dans chacune de ces techniques. Si le thérapeute en EMDR doit effectuer un seul type de segment, le praticien de l’IMO/EMI, pour sa part, en exécute une vingtaine. De plus, celui-ci doit constamment veiller à effectuer les segments à la vitesse demandée par le patient, afin de lui éviter des ressentis inconfortables. Pendant les segments, le thérapeute doit également répéter certains mots ou offrir une mise en scène, en ayant recours notamment à des éléments de la thérapie d’Impact ou de la gestalt, afin de maintenir son patient en contact avec son circuit psychogène.

EMDR, Myriam RoureUne autre différence entre les deux techniques réside dans le fait que le patient a davantage de contrôle en IMO/EMI. Il peut en effet choisir la direction du prochain segment, de même que son amplitude et sa vitesse d’exécution. Si une zone s’avère particulièrement chargée et douloureuse, il peut décider de ne pas trop la réveiller. Afin de doser l’intensité du traitement et de rendre l’expérience plus facile, le thérapeute propose alors un segment dans une zone moins chargée en émotions négatives, ou alors un segment reliant la zone difficile avec une zone plus légère. Le patient est toujours libre d’accepter ou de refuser ce qui est proposé, selon son état d’émotivité. À la fin du traitement, le patient est invité à créer son propre segment pour clore le traitement et surtout pour intégrer l’ensemble de son expérience de façon écologique. Enfin, le fait que le patient ait plus de contrôle en cours de traitement favorise la création d’une « transe » (c’est à dire d’un état hypnotique) bénéfique entre le patient et le thérapeute, de même que l’établissement d’une solide relation de complicité et de confiance.

L’IMO/EMI: une approche prometteuse

Le livre de Francine Shapiro sur l’EMDR étant paru en 1989, et celui de Danie Beaulieu sur l’IMO/EMI étant plus récent (2003), cette dernière approche n’en est qu’à ses débuts, mais elle est très prometteuse. Comme Connirae et Steve Andreas se définissent non pas comme des « researchers », mais comme des « searchers », la seule étude empirique qui a été menée sur la technique est celle de Danie Beaulieu en 2003. Néanmoins, le traitement IMO/EMI se fait de plus en plus connaître, et ce, principalement par le biais de formations spécialisées. À ce jour, plus de 2000 thérapeutes enthousiastes ont été formés, et ce, tant en Amérique du Nord (Canada, États-Unis) qu’en Europe (France, Allemagne, Royaume Unis, Italie). Et chaque jour ce chiffre augmente, et vous pouvez vous inscrire à la formation que je propose.

En conclusion

En terminant, bien que l’IMO/EMI et l’EMDR aient des similitudes, ces deux techniques thérapeutiques présentent néanmoins des différences. En effet, les deux techniques diffèrent sur le plan des segments effectués, sur la nature des mouvements oculaires sollicités ainsi que sur leur application. La technique IMO/EMI est beaucoup plus souple et offre une plus grande latitude aux patients ainsi qu’aux thérapeutes, et je le recommande donc plus que l’EMDR. On peut affirmer que le domaine de la thérapie est passée à la vitesse supérieure depuis la création de ces deux techniques que sont l’EMDR ainsi que l’IMO. Les personnes en souffrance d’insomnie, de cauchemars, de dépression, de crises d’angoisses et de phobies, peuvent dorénavant espérer un véritable soulagement. N’oublions pas que nous ne connaissons que 5% de notre cerveau et que nous n’arrivons toujours pas, même si elle est étudiée en médecine, à expliquer le fonctionnement de l’hypnose.

 

 

Laisser un commentaire

N'hésitez pas à partager vos idées, cela me fera plaisir et cela peut aider d'autres internautes. Si vous souhaitez préserver votre confidentialité, il vous suffit de mettre un pseudo.

Tous les commentaires ne seront publiés qu' après vérification de leur contenu par le modérateur.