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Interview - Boutique Bien-être - mai 2008 : Le coaching, entretien avec Myriam Roure

Supervision, hypnose, entraînement cérébral, test de personnalité, affirmation... Pas de doute, Myriam Roure est une coach ayant plus d'un tour dans son sac ! On sent en elle la passion du métier. Venir découvrir le coaching comme vous ne le connaissiez sans doute pas jusqu'alors. Un entretien énergique et revitalisant.

Boutique bien-être
Selon vous, la confiance en soi commence lorsqu’on pratique le lâcher prise. Mais comment « lâcher » prise tout en restant « accroché » à ses objectifs ?

Myriam Roure
Ha, ha ….La clé réside dans l’alternance entre la concentration, ce que vous appelez être accroché à ses objectifs est le fait de les lâcher pour voir plus loin et pouvoir voir ainsi d’autres objectifs auxquels nous n’aurions pas pensé. C’est simple, prenons l’exemple d’une personne sous tension. Elle tient par les nerfs, ne les relaxe plus (le contraire du lâcher prise), voire ne dort plus, ou mal. Au lieu d’aller vers ses objectifs, ceux-ci vont devenir obsessionnels, et à cause de la fatigue, la personne ne sera plus performante. Alors qu’en se relaxant, en lâchant prise vis-à-vis de son objectif, elle reste en pleine possession de tous ses moyens, et atteint son but.
Pour moi, le lâcher prise, c’est comme le repos du guerrier. Il y à un temps pour tout, un pour se préparer, un pour agir et un pour tirer les fruits de son action.
On peut y voir une autre image : en pratiquant le lâcher prise sur un objectif, argent, amour, gloire, un nouveau job, ainsi de suite ..non pas par la force et la ténacité, on se connecte alors à son intuition, on « prend » une énergie, qui conduit sans effort à l'objectif.
Dit de point de vue plus scientifique, nous ne fonctionnons plus avec la partie la plus récente de notre cerveau, (le néo cortex, situé au dessus de notre front) mais avec notre cerveau reptilien (la plus vielle partie du cerveau, à l’échelle de l’humanité, située elle à l’arrière de la tete, au dessus de nos cervicales). Cette partie du cerveau, même si c’est un peu réducteur et schématique de l’expliquer ainsi, fonctionne de manière instinctive et primaire, mais aussi plus vite. Elle peut donc etre plus efficace que celle du raisonnement. En effet, les êtres vivants supérieurs ont passé des centaines de millions d’années à réagir vite et bien pour sauver leur peau, survivre, se reproduire et arriver à ce que nous sommes aujourd’hui. Cela implique d’agir et de réfléchir intuitivement et avec de bons réflexes automatisés. En lâchant le mental qui rationalise et peut s’embourber parfois dans les doutes, les conventions et les croyances illusoires on se branche alors à l’instinct, à l’intuition, et l’on devient plus réactif.

Boutique bien-être
Le coaching est communément considéré pour être lié au "bizness", ou tout du moins au milieu professionnel. Est-ce la réalité, ou n'est-ce là qu'une partie du coaching ?

Myriam Roure
Je ne lie pas le coaching au « bizness » mais à l’humain. Cependant je comprends votre question. Il est certain qu’un coaching représente un investissement en temps, en énergie ainsi qu’en argent, mais tout comme une psychothérapie ou beaucoup de choses dans la vie en général…

En réalité, le coaching représente au final une économie car le coach va faire que le coaché se dépassera lui-même et atteindra des résultats qu'il n'aurait même pas crus possible et qu'il n'aurait jamais atteints ni imaginés sans coaching tels que gagner en confiance en lui, oser, s’affirmer et cela peut aboutir à un travail plus rémunérateur. En croyant en ses capacités la personne coachée saura mieux se promouvoir et vendre ses compétences auprès d’un autre employer, voire créer sa propre activité.
Cela peut venir aussi du fait que les personnes qui se font coacher sont souvent des profils de personnalités qui naturellement vont de l’avant, elles n’attendent pas qu’une situation s’envenime et ont la réactivité d’aller chercher un regard extérieur qui va les accompagner à trouver en eux la solution. On peut donc penser que ces types de personnalités a un bon pouvoir d’achat, un bon job, de par leur réactivité, peur capacité à se donner les moyens de réussir puisque, elle savent investir dans la première chose dans laquelle il est bon le faire : soi meme. Cependant, je pondérais ma réponse en vous disant aussi qu’on peut coacher une personne qui a peu de moyens comme ca m’arrive parfois de le faire avec des étudiants.
Le coaching a d’abord existé dans le sport, puis dans le travail (d’où la connotation « bizness »), elle est maintenant démocratisée à tout un chacun, comme des tas d’autres moyens : l’accès à l’éducation, les médias, les transports, etc.

Boutique bien-être
Peut-on se coacher soi-même ? Peut-on se coacher les uns les autres ? (par exemple au sein d'un couple, ou d'une famille)

Myriam Roure
On peut s’encourager, ce qui peut faire parti d’un coaching, relativiser, prendre du recul, mais l’on à pas le regard extérieur sur nos blocages ou nos problèmes. Ce sont les nôtres, nous y sommes associés, d’où la nécessité de se tourner vers un(e) professionnel qui, lui, n’est pas associé à vos problématiques et peut vous accompagner dans une plus grande prise de recul pour trouver de vraies solutions durables.
On peut éventuellement, faute de mieux, se coacher en famille ou en couple, avec encore une limite : un proche est forcément moins neutre qu’un professionnel, ce qui peut fausser le coaching, ensuite, le proche n’est pas formé à coacher, donc il pourra être encourageant, donner de l’écoute active, certaines personnes ont ces capacités, mais il n’aura pas la neutralité et toute la technique qu’un coach professionnel pourra mettre au service de son coaché.

Boutique bien-être
L'une de vos méthodes est la supervision... D’où vient cette technique ? En quoi consiste-t-elle ?

Myriam Roure
La supervision s’adresse aux professionnels. Dans de nombreux métiers, le psychothérapeute ou le coach professionnel qui souhaite améliorer sa technique par exemple, fera appel à un autre professionnel, plus expérimenté que l’on appelle un superviseur. La supervision existe dans des nombreux métiers.
En ce qui nous concerne, les clients ou les patients (selon que l’on parle de coaching ou de psychothérapie), peuvent parfois de façon totalement involontaire nous rappeler une blessure personnelle ou nous parler d’un problème qu’ils souhaitent résoudre, auxquels le psychothérapeute ou le coach sera lui-même confronté à ce moment là. Un exemple concret : à un moment de choix d’avoir un enfant avec mon compagnon ou de différer ce choix à quelques années, je recevais régulièrement des femmes enceintes. Je suis donc allée voir un superviseur car cela me troublait et interférait avec mes capacités professionnelles. Autre exemple, une personne peut venir parce ce qu’elle souhaite être entourée alors qu’elle divorce et le psy ou le coach est lui aussi en train de divorcer ou vit une mauvaise passe dans son couple. Je pourrais continuer à vous citer des tas d’exemples pourquoi certains professionnels viennent se faire superviser.
Enfin, certains professionnels, viennent pour affiner une technique avec laquelle ils ne se sentent pas encore tout à fait à l’aise, affin de l’améliorer. Cela aussi fait partie de la supervision : améliorer ses outils.
Un superviseur est donc un coach de coach, un psy de psy.

Boutique bien-être
Votre cabinet propose des séances d’entraînement cérébral… En quoi consiste un entraînement type ?
Que développe l’entraînement cérébral ?

Myriam Roure
Nous sommes dans une société où le potentiel intellectuel est hautement reconnu et c’est valorisant de constater que l’on se sent l’esprit vif. L’entraînement cérébral vise à travailler sa mémoire et à muscler son cerveau pour, par exemple, dépasser un blocage pour apprendre une langue.
Personnellement, je peux si la personne le souhaite en parallèle des séances, employer l’hypnose pour « réveiller » toutes les potentialités du cerveau de la personne : son intuition, sa réactivité, sa capacité à prendre des décisions, sa mémoire, sa créativité et sa confiance.
Cette méthode a pour clientèle les personnes qui souhaitent rester actives, intellectuellement en forme. C’est bien plus efficace de le faire avec une personne habilitée qu’avec les gadgets informatiques qui poussent actuellement comme des champignons de par un effet de mode, restons naturels. Sans parler du fait que s’entraîner avec une personne et non un ordinateur permet de faire un apprentissage personnalisé et adapté, alors que le gadget propose un programme non personnalisé, donc moins performant : certaines personnes pourraient aller beaucoup plus loin; pour d’autres au contraire, cela va trop vite, et elles peuvent se décourager ou abandonner. Une machine ne remplacera jamais un être humain formé, car l’être humain peut s'adapter plutôt que de proposer un programme pré-établi sans nuance. Il suffit de regarder les résultats des logiciels de traduction automatique pour en être convaincu.

Boutique bien-être
Pourquoi cet entraînement peut-il lutter contre de nombreux maux psychologies et psychosomatiques ?

Myriam Roure
Pour ma part je distingue l’entrainement cérébral de l’hypnose.
Ce qui lutte efficacement contre les phénomènes psychosomatique, c’est par excellence l’hypnose Ericksonienne. Nos maux psychologiques sont générés par notre inconscient, il parait donc évident d’employer un outil qui à trait à l’inconscient pour les faire disparaitre.
L’hypnose est efficace pour :
Les dépendances et addictions: tabac, alcool, alimentation, drogues douces, dépendances affectives, et les addictions de tout ordre.
Les somatisations : stress, anxiété, insomnie, migraines, dorsalgies
Les phobies
Tout ce qui n'est pas d'ordre physiologique (mécanique ou physique) mais psychosomatique :
angoisses, dépression, culpabilité, timidité, inhibition, troubles sexuels, complexes, angoisses
Mieux se connaître, s'estimer et gérer ses émotions pour trouver confiance en soi et en ses potentiels

Le choix d'une thérapie Ericksonienne est contre indiquée pour les problématiques narcissiques et les psychoses qui sont du domaine de la psychiatrie.

Boutique bien-être
La communication non-violente est-elle selon vous en train de se développer peu à peu dans notre société ? Est-elle au contraire en régression ?

Myriam Roure
Ca dépend, il y à des pays qui régressent et pas uniquement dans ce domaine, mais dans celui des droits de l’homme, prenez l’exemple des massacres des réfugiés au Rwanda il y à quelques années, et il y en à d’autres, comme le Québec qui sont développent vitesse grand v la communication non violente.

Boutique bien-être
Peut-on réellement se servir au quotidien de la communication non-violente pour résoudre ses conflits ?

Myriam Roure
On peut se servir quotidiennement de la communication non violente. La communication non violente sert partout car la communication est partout : au sein du couple, au travail, dans la sphère sociale, avec son ado en crise, son bébé qui pleure, son boss exigeant, son conjoint déçu, une connaissance manipulatrice, agressive ou abusive, un ami, et avec soi même.
J’en suis la preuve : je viens d’une famille dysfonctionnelle, à savoir, ma mère était maniaco-dépressive et a fait plusieurs tentatives de suicide, mon père était violent. C’est bien simple, cette technique m’a sauvé la vie.
Pendant des années, je me sentais comme une petite souris qui, si elle avait pu se cacher dans un trou pour qu’on l’oublie, l’aurait fait. J’étais très mal dans ma peau, farouche et je m’exprimais maladroitement. Maintenant j’écris des livres, j’ai du recul sur mes émotions, j’ai compris que l’autre n’était pas moi et inversement, je ne prends plus les choses contre moi, et je suis responsable de mes colères et contrariétés.
La communication non violente m’aide quotidiennement à m’affirmer, à exprimez mes besoins et mes limites, et aide quotidiennement les personnes que je forme à cet outil. J’ai régulièrement des témoignages de ses résultats parmi ma clientèle, ils sont disponibles sur mon site.
La CNV permettant d’affirmer ses limites et ses besoins, elle permet donc de s’affirmer tout court. N’est ce pas l'une des clés fondamentales de la vie que l’affirmation ?

Boutique bien-être
… Auriez-vous éventuellement un exemple concret (fictif ou non) à nous faire partager ?

Myriam Roure
Oui, voici un exemple assez courant : le parent rentre chez lui un lundi soir, fatigué de sa reprise du travail. Son enfant, dans son besoin de créativité, a transformé le salon en salle de jeu sans dessus dessous.
Une personne non formée à la communication non violente qui vit un passage à vide depuis quelques jours ou quelques semaines, comme nous pouvons tous en vivre, pourra être tentée de lui dire : « non mais c’est pas vrai ce que tu peux être bordélique, range le salon ! » si elle à un tempérament colérique. Une personne au tempérament renfermé ne dira rien et, malgré sa fatigue, prendra sur elle, rangera sans rien dire mais en n'en pensant pas moins. Dans ces deux cas de figure, le but n’est pas atteint. En effet :
- le besoin de créativité de l’enfant est nié
- la fatigue du parent l’est aussi
- l’enfant n’a compris ni ce qui se passe et refera la meme erreur
- l’enfant n’à pas non plus compris ce qu’on lui reproche, et suivant son tempérament il pourra bouder, crier, pleurer, se sentir incompris, voire se sentir juger et ou juger aussi son parent de rabat joie
- pire, mais malheureusement fréquent, l’enfant pourra rentrer dans ce qui se nomme une loyauté familiale et par amour pour son parent devenir en effet bordélique si il ne l’était pas.
Une personne formée à la CNV choisira plutôt de dire :
« Bonsoir, tu t’es bien amusé, c’est bien, cependant quand je vois les objets partout dans le salon quand je rentre du travail, je me sens découragé, car j’ai besoin le soir que les objets soient rangés à leur place, et je te propose de ranger/ou encore elle pourra dire/et je te propose que nous les rangions
Dit ainsi :
- le besoin de créativité ou d’amusement de l’enfant n’est pas nié
- il a compris ce qui se passe et pourra donc éviter de refaire la meme erreur
- l’adulte lui a clairement expliqué ce qu’il attendait de lui
- il y a plus de chances pour que, si cette phrase est répétée régulièrement, un jour, alors que le parent rentrera, l’enfant lui dira avec un regard de défi et de complicité :
-« T’as vu, c’est tout rangé ! »
IL sera alors important que le parent montre de la reconnaissance à l’effort qu’à fourni l’enfant pour le remercier et l’encourager, et qu’il lui indique combien ca lui fait plaisir, car nous agissons souvent comme si tout nous été dû.
Désirez-vous en savoir plus sur Myriam ? La contacter, prendre rendez-vous pour une consultation ? N'hésitez pas...

Interview réalisé par Boutique bien-être
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