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magazine presse biologique, Biocontact, Novembre 2006
Le Terrain Psychologique |
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Développement |
Conclusion |
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Le terrain est ce qui nous constitue en psychologie. La psyché humaine est constituée de plusieurs strates en relation étroites les unes avec les autres. Chez l'enfant le terrain est plus malléable. La première strate est la plus impersonnelle (celle de l'inconscient collectif) et la dernière la plus personnelle.Un terrain vient de 3 éléments : le biologique, ou encore ce qui est génétique, donc pré-natal, la psychodynamique, c'est-à-dire notre histoire personnelle, notre éducation, notre relation avec nos parents, nos expériences à l'école, au travail, etc. et enfin le sociologique : l'époque, la culture environnementale).
Genèse du terrain
La première strate est l'Inconscient collectif (ou terrain collectif) qui influence l'individu.La notion d'inconscient collectif vient de Carl. G. Jung. Jung en observant différentes cultures et ethnies, s'est aperçu que nous avons des symboles communs, appelés archétypes, malgré nos différences culturelles linguistiques et sociales. Par exemple, le soleil qui serait lié au masculin et la lune liée à la féminité. C'est selon lui, une mémoire collective, universelle.
La deuxième strate est représentée par la société (ou terrain social) et son influence sur l'individu avec les us et coutumes, les croyances et valeurs sociales. Par exemple, en Inde, pour aider un enfant à digérer les mères massent leurs bébés et leurs enfants, c'est une coutume culturelle. En France, quand un bébé digère mal, on a plutôt recours à un médicament.
Les croyances de la société dans laquelle nous vivons influencent généralement nos propres croyances et comportements. Ce qui est admis par la société devient la norme individuelle. Cela soulève d'ailleurs en permanence des débats, donnent matière aux scénaristes de films et est parfois à l'origine de conflits ethniques.
Par ex. une question que l'on peut se poser est celle de la dépression. La dépression en France à l'heure actuelle est admise par la société, elle est admise, reconnue, médiatisée, prouvée par un corps scientifique. Cette reconnaissance sociale peut être à l'initiative de la reconnaissance individuelle. D'où le fait peut être, qu'il y à de plus en plus de personnes qui se croient dépressives. Cela peut aller encore plus loin. être dépressif peut malheureusement apporter une reconnaissance sociale à une personne : elle est, elle s'identifie à une communauté, avec tous les dangers et les leurres que cela peut comporter.
Prenons un autre exemple, celui de l'anorexie chez les adolescents. Une des croyances sociales étant que les critères de beauté sont liés à la maigreur, ça influence directement des générations entières d'adolescents et devient un réel problème de société.
Deux concepts très présentes chez Jung sont "anima" (part féminine de l'homme), et l' "animus", (part masculine de la femme). Pour mieux saisir ces deux entités, prenons l'exemple de l'homme. Il a en lui, à priori et avant même d'en avoir fait l'expérience, une image de la femme, une représentation du féminin. Cette image concentre à la fois ce qu'il attend d'une femme, comment il se représente la femme, mais aussi, la partie féminine de son être contre laquelle il se défend souvent. Il s'agit en somme selon Jung d'un ensemble de traits qui donnent lieu à un idéal de la femme, que l'homme veut atteindre. Et se confrontent sans cesse pour lui cet être idéal, auquel il aspire, et la femme, réelle, celle avec qui il rentre en relation, avec qui il crée, avec qui il compose...
Il en va de même pour la femme. Toute femme a en elle une représentation et un vécu du masculin donnant lieu à cet être, selon elle et pour elle parfait, qui doit cohabiter avec son vécu de l'homme au quotidien.
Pour Jung, l'anima et l'animus sont des images virtuelles... Qu'entendait-il par virtuelles ?
Il s'agit en fait de dispositions inconscientes à la relation à l'autre sexe, avant toute expérience. Ces dispositions inconscientes sont issues de notre mémoire collective, et dans un sens, de l'histoire même de l'humanité.L'anima et l'animus sont donc deux concepts qui sont au premier abord simples mais qui au fur et à mesure que l'on tente d'en saisir la profondeur, s'échappent et se complexifient !
L'influence de l'héritage familial (ou terrain familial) sur l'individu.
Notre terrain (comportements, valeurs et croyances) se nourrit aussi du terrain de nos ancêtres. Par exemple, une personne qui aura été élevée parmi des artistes, pourra se construire avec des valeurs propres à sa famille ou contre ses valeurs. Bien sur, il est possible de se dégager d'une influence, d'une croyance ou d'une valeur lorsque l'individu considère qu'elle ne lui appartient pas ou plus. Cependant cela demandera des prises de conscience ainsi qu'un accompagnement avec un professionnel pour accompagner l'adulte à s'extraire de ses associations inconscientes auxquelles il est associé et le projeter dans de nouvelles valeurs.
L'homme appréhende l'information par ses sens, et nos sens nous permettent de créer des modèles. Notre terrain est fait de ces modèles.
Les maladies et les somatisations viennent de nos conflits intérieurs entre les valeurs que nous croyons être les nôtres et celles vers lesquelles nous souhaitons tendre mais que nous nous interdisons souvent par peur d'être déloyal envers nos modèles inconscients. La loyauté familiale, ainsi que la culpabilité sont parmi les dynamiques inconscientes les plus fortes.
Le modelage du terrain : la création de la Persona.
Nous modélisons en permanence et surtout pendant l'enfance où nous sommes influençables, puisque nos modèles ne sont pas encore créés. Le terrain est donc vierge et très malléable. Plus nous grandissons et plus le terrain se fige. Nous sommes de moins en moins influençables et la contre partie en est que nos modèles se « figent ». Lorsque ceux-ci sont positifs, tout va bien. ça se complique lorsque ces modèles de comportement sont négatifs. Par un exemple, un enfant peut modéliser que lorsqu'il est contrarié il ne doit rien dire, parce son père ou sa mère lorsque il ou elle était contrarié ne disait rien. Et cela peut être intéressant pour l'enfant devenu adulte d'apprendre à exprimer ses contrariétés, ses besoins et ses limites.
En effet, l'Inconscient prend tout au pied de la lettre, l'enfant de moins de 6 ans aussi. La formation du sens critique solidifie ce que l'enfant a modelé durant son enfance.
C'est pourquoi il est capitale pour le bon épanouissement de l'enfant, futur adulte de s'exprimer à lui avec respect, en lui expliquant le pourquoi des interdits et les limites par exemple, plutôt qu'en le jugeant ou lui imposant les interdits et les limites.
Ce que nous apprenons au début de notre vie restera ancré au plus profond de nous même et génèrera nos valeurs et croyances : par exemple, soit fort, soit aimable, soit discret, la vie est dure. Les modèles des parents répétés aux enfants deviennent des injonctions;
L'Inné: les prédispositions personnelles de l'individu
Ce que nous voyons, entendons, ressentons pendant notre enfance développe ce que l'on peut appeler aussi un terrain, c'est à dire des prédispositions. On dit par exemple d'une personne qu'elle à un terrain anxieux, c'est-à-dire qu'elle est sensible à l'anxiété.
Nos sens nous permettent d'apprendre, de tirer de l'expérience, c'est-à-dire que les évènements de notre vie, les personnes qui nous entourent crée aussi notre terrain.
Chaque personne à sa propre vision, interprétation du monde, d'un évènement. Cette vision est intimement liée à nos croyances ainsi qu'à nos valeurs.
Un terrain peut aussi se définir par des prédispositions. L'importance de la psychologie sur le physique est phénoménale. Des nombreuses études ont prouvées par ex. que l'effet placébo fonctionne à 70 %. Typiquement, l'effet placebo fonctionne avec une croyance.
Les "accidents" de terrains (les expériences)
Il existe une interaction forte entre la psyché et le corps. C'est-à-dire que notre terrain psychologique qui est fait donc de nos croyances, nos modèles, nos schémas vont conditionner nos réactions dans notre corps. Pour donner une image, qui étagerait nos propos, l'inconscient serait comme la partie immergée d'un iceberg, c'est-à-dire sept à neuf fois plus grande que la partie visible.
Nos expériences nous marquent. En apprenant, nous créons des ancrages. Ces ancrages sont émotionnels. Nos chocs émotionnels, par exemple la perte d'un emploi, une maladie, un deuil affectif, peuvent nous permettre de passer d'un terrain à un autre. C'est-à-dire qu'ils peuvent nous permettre de prendre conscience de fausses croyances, ou encore de croyances dites limitantes. En effet, certaines de nos croyances nous portent, d'autres nous limitent. Ces dernières pourraient être comparées à des boulets, ou des chaînes attachées à nos chevilles dont nous pouvons décider à l'aide d'une personne compétente et formée de nous débarrasser.
Réparer le terrain
Pour apporter une aide à une personne, il faut comprendre son terrain et le faire devenir fertile.
Nos émotions sont liées à nos archétypes et nos modèles inconscients, qui sont comme des sortes de super modèles. En faisant évoluer ces perceptions inconscientes, nous pouvons faire évoluer notre terrain. Les techniques de prédilection pour faire évoluer nos dynamiques inconscientes sont les TCC (thérapie cognitives et comportementales) orientée présent et comment aller mieux, ici et maintenant, ou la psychanalyse, orientée passé et pourquoi il y à tel problématique.
Un terrain peut être modifié, amélioré, on peut déprogrammer et reprogrammer un terrain, c'est-à-dire des croyances, des modèles, des schémas lorsque ceux sont invalidants au gênants ou limitent la personne.
Grâce à l'hypnose ericksonienne par exemple, il est possible de faire relativiser une personne sur l'interprétation qu'elle à donné à un « accident de terrain »(blessures psychologiques, deuil affectif, licenciements économiques, doutes, etc.) afin de l'accompagner à tirer les apprentissages de son passé, et transformer ce qui pouvait être vécu comme une faiblesse en une force.
Cela peut se faire par des démarches équilibrantes personnelles qui interagissent sur le corps et l'esprit, c'est le propre des thérapies brèves et cognitives qui emploient les recadrages cognitifs, la pensée positive ou orientée, avec l'hypnose ericksonienne et la PNL.
Casser une loyauté familiale afin d'accompagner la personne vers son individualité est un travail enrichissant qui mène celui qui fait ce travail à son épanouissement, car il ou elle ne vivra plus de par le regard de l'autre mais sans masque, dans l'authenticité et la confiance.
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